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RDC : Suite à la dégradation de la situation sécuritaire à l’Est, Jean-Baptiste Kasekwa appelle le président à décréter l’État d’urgence Sécuritaire

KINSHASA, le 24 septembre 2020 MNCTVCONGO—— Le député national Jean-Baptiste Kasekwa a appelé jeudi 24 septembre le Président de la République Démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, à décréter un État d’urgence sécuritaire pour mettre fin aux tueries et massacres à grande échelle de l’Est du pays.

Ce cadre de l’ECIDE estime qu’aujourd’hui l’existence de l’État est menacée et la gravité de la sécurité à Beni, Ituri, Masisi, Minembwe et ailleurs dans l’Est dépasse celle de la Covid-19. Pour Jean-Baptiste Kasekwa cela permettra à toute la nation de se focaliser sur la question de l’insécurité, aujourd’hui à Kinshasa l’on semble ne pas même être préoccupé par cette question.

« La constitution de notre pays stipule que lorsque des situations particulièrement graves menacent l’existence même de la nation ou l’intégrité territoriale, la présidence de la République doit décréter un État d’urgence. Nous avons vu comment à cause de Covid-19, on a soumis toute la population du pays à la situation d’un État d’urgence sanitaire. Pourtant Coronavirus n’a pas tué autant », indique Jean-Baptiste Kasekwa, député national.

Aujourd’hui des personnes sont massacrées chaque jour et d’autres kidnappées puis retrouvées mortes à Rutshuru et Masisi. Voilà pourquoi j’estime que compte tenue de la gravité de la situation qui perdure à Beni, en Ituri, dans le Fizi, Minembwe, dans le Rutshuru, Walikale et Kalehe il est impérieux qu’on décrète un État d’urgence sécuritaire, ajoute-t-il.

Etat d’urgence Sécuritaire pour quel avantage ?

L’expérience avec l’État d’urgence sanitaire dû à la Covid-19, peut nous servir comme leçon. Le fait de décréter l’État d’urgence permet à toutes les forces du pays à se concentrer sur un même problème, soutient-il.

« Tu peux t’imaginer pendant que des milliers de personnes sont tués, 52 morts dans une seul journée dans le territoire d’Irumu, 200 autres à Kipupu, chaque jour à Mbau, Oicha, à Beni, les enfants sont tués à Masisi dans le centre d’examen, pendant ce temps même la RTNC ne dit rien. A Kinshasa tout se passe à la normale. Les agents de l’administration n’ont aucune conscience de cela, son impact sur la destruction de l’économie dont souffre la population de l’Est. Mais avec l’État d’urgence toute l’attention de la communauté nationale sera mobilisée pour que nous puissions mettre nos énergies ensemble au soutien aux forces de sécurité et de défense », explique Jean-Baptiste Kasekwa.

Autre avantage selon ce député, l’État d’urgence est décrété pendant un mois officiellement, et après cette période le gouvernement revient avec une lettre de la présidence de la République pour solliciter 15 jours de prolongation au Parlement.

« Cela donne l’occasion aux députés d’évaluer le travail fait par chaque Ministre, celui de la défense, le ministre de l’intérieur, les responsables des services de sécurité, l’état major général. Ici on évalue après l’interrogatoire, on peut renouveler. Si nous faisons cette pression suivie pendant deux mois ou trois on va réaliser des succès de la même manière que nous nous sommes mobilisés contre Covid-19 », renchérit cet élu de la ville de Goma.

Il estime que cette question a trop duré, qu’on ne peut pas continuer à abandonner les populations des territoires de l’Est à leurs triste sort, pendant que tout le reste de la nation continue comme si rien n’était. Il est temps que toute la nation s’arrête, qu’on focalise les énergies pendant 2,3 mois , dès que la sécurité est rétablie, l’État d’urgence est levée et toute la nation recouvre sa quiétude et son fonctionnement normal.

Rappelons que dans la nuit du mercredi 23 à ce jeudi 24 septembre 2020, cinq personnes ont été tuées par les rebelles Ougandais des Forces Démocratique Alliés ADF, tous habitants du village Kinyambaore, secteur de Ruwenzori, tuées par armes blanches. Deux jours après le massacre de plus 15 civils à Mbau et Oicha, pendant que dans le territoire de Masisi neuf personnes avaient été tuées par des hommes armés dans des endroits différents.

Barak Munyampfura Héritier

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