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RDC-Sénat : « Nous avons saisi la Justice et le VPM de l’intérieur pour la tentative d’enlèvement du questeur (Kaumba Lufunda)

KINSHASA, le 07 Janvier 2021 MNCTVCONGO—— Le Rapporteur de la chambre haute du parlement, le sénateur Kaumba Lufunda, a dénoncé ce jeudi 7 janvier 2021 dans la salle de conférence des présidents du sénat sur la violation du domicile du questeur du sénat, Eric Ruguye Hakimwami, attaqué dans sa résidence par les hommes porteurs d’armes de guerre et d’uniformes des forces de défense et de sécurité qui ont tenté de l’enlever.

Le Professeur Kaumba Lufunda a précisé en outre que des policiers sont venus par la suite retirer une partie de sa garde, « pourtant régulièrement commise à sa protection ». Ces hommes, a-t-il renseigné, ne disposaient d’aucun mandat de Justice, mais prétendaient, selon lui, venir lutter contre la corruption et le blanchiment d’argent.

Face à cette situation « singulièrement préoccupante, le Bureau du Sénat vient de saisir le Vice-premier Ministre, Ministre de l’Intérieur et sécurité, et celui de la Justice pour leur exprimer la protestation et l’indignation du Bureau de la Chambre Haute du Parlement, ainsi que pour leur demander de prendre les dispositions qui s’imposent afin de garantir au questeur du Sénat la pleine jouissance de ses droits et libertés et le bénéfice des agents devant assurer “correctement” sa sécurité », a indiqué Kaumba Lufunda.

Pour le rapporteur du Sénat, les procédures « d’arrestation cavalière » des élus du peuple sont un ferment pour la déstabilisation des institutions et du limon pour la liquéfaction de la démocratie.

Vers la convocation au Sénat d’une session extraordinaire

Par ailleurs, le sénateur Kaumba Lufunda a annoncé que le Sénat s’apprête à convoquer une session extraordinaire pour répondre à la requête formulée par le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo.

Dans ce cadre, le Bureau du Sénat n’explique nullement des appels anonymes adressés à certains sénateurs soit pour les intimider soit pour leur proposer des fonctions gouvernementales « et autres, en récompense d’actes d’allégeance ». Ce ne sont pas des faits rassurants pour l’avenir de la démocratie en RDC, a-t-il dit.

Alors que le processus de mise en place d’un nouveau Bureau définitif au niveau de l’Assemblée nationale ; et que la Cour constitutionnelle « peine » à donner suite aux requêtes en interprétation introduites depuis novembre dernier, le Bureau du Sénat évoque l’organisation des coups fourrés au sein du Sénat, rappelant que ce genre de pratiques, selon l’histoire politique du pays, « ne nous ont jamais porté bonheur depuis 1960, sauf qu’elles ont été la source des troubles sociaux et des guerres civiles ». « Tirons des leçons de l’histoire et mettons-nous à l’abri de tels désastres », a souligné le rapporteur du Sénat, précisant que « notre désir à tous est de voir le pays aller de l’avant, dans la paix et l’ordre, loin de l’arbitraire et de la brutalité ».

Dans un communiqué remis, mercredi à la presse, le Bureau du Sénat parle des allégations graves contre le Questeur de la Chambre Haute en lui attribuant des actes de corruption des sénateurs et de déstabilisation contre le premier vice-président du Sénat, Samy Badibanga Ntita. « Des démons provenant nous ne savons d’où, sont venus distiller le poison de la discorde en portant des allégations contre le questeur du Sénat, sur qui ils aimeraient jeter l’opprobre d’une tentative d’éviction du 1er vice-président du Sénat ». Un procès d’intention engagé au sujet du paiement des tranches d’émoluments aux sénateurs.

Mike Pakoto

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