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En RDC, la lutte contre Ebola, combat à haut risque

Les faits 

Un journaliste faisant de la sensibilisation à la radio sur l’épidémie a été assassiné, samedi 2 novembre, dans la province congolaise d’Ituri. Alors qu’une nouvelle campagne de vaccination ambitieuse doit débuter dans cette région, exposée mais pas encore atteinte par le virus, les crimes se multiplient contre les agents sanitaires.

Il avait 35 ans, et il vivait dans la localité de Lwemba, dans cette province congolaise d’Ituri frappée depuis des années par les violences et rattrapée par l’épidémie d’Ebola, au nord-est de la République démocratique du Congo (RDC).

Dans un pays où les radios locales jouent un rôle essentiel pour informer les populations, il les présentait en langue Lingala sur les ondes d’une radio communautaire. Dans la nuit de samedi 2 au dimanche 3 novembre 2019, le journaliste Papy Mahamba a été assassiné alors qu’il venait, quelques heures plus tôt, d’animer à l’antenne, en qualité de relais communautaire, une émission consacrée à sensibiliser les habitants sur la riposte contre Ebola.

Selon le général Robert Yav, commandant des Forces armées congolaises à Mambasa, dans la province de l’Ituri, et selon plusieurs médias locaux, des dizaines d’hommes non identifiés, équipés d’armes blanches, notamment de machettes, et de fusils ont attaqué sa résidence. Son épouse, également agressée, est grièvement blessée. Sa maison a été incendiée. Son fils de seize ans a pu s’échapper lors de l’attaque.

Méfiance envers les agents de santé

Alors qu’en RDC, l’épidémie d’Ebola est déclarée depuis le 1er août 2018, la zone de Lwemba, reculée et conflictuelle, est considérée comme à risque. La population y cultive la méfiance envers les étrangers, notamment les agents de santé qui luttent contre la maladie à virus Ebola (MVE). En septembre, une vingtaine de leurs maisons ont été incendiées par des milices dans la région de Mambasa, à quelques dizaines de kilomètres de Lwemba.

En avril dernier, c’est un épidémiologiste camerounais de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le docteur Richard Valery Mouzoko Kiboung, qui était tué dans une attaque de miliciens contre une équipe de lutte contre Ebola à Butembo, cette fois dans le Nord-Kivu, autre province touchée. Au moins un infirmier et un policier ont aussi été tués dans des circonstances similaires depuis le début de l’épidémie.

Plusieurs agressions de personnels sanitaires se sont aussi produites au cours d’inhumations de victimes d’Ebola, des proches des défunts refusant qu’on les prive de leurs coutumes lors de l’inhumation, notamment celle de pouvoir toucher les personnes mortes. Ebola se transmettant par tout fluide corporel, les équipes veulent éviter toute contamination, et s’occupent des enterrements.

Le 18 octobre, enfin, selon le correspondant local des « dépêches de la Tshopo », le centre de santé de Lwemba avait été vandalisé, provoquant la désorganisation de la structure sanitaire et de son équipe de riposte contre la maladie.

11 000 doses d’un deuxième vaccin

Le meurtre de Papy Mahamba intervient alors que la MVE a déjà tué 2 185 personnes en RDC, sur 3 274 cas déclarés, selon les derniers chiffres officiels. Il survient aussi à quelques jours de l’introduction par les autorités d’un nouveau vaccin, administré en deux doses à 56 jours d’intervalle, dans des zones où le virus ne s’est pas encore signalé.

Samedi 2 novembre, les autorités ont annoncé avoir réceptionné 11 000 doses de ce deuxième vaccin, développé par Johnson & Johnson, en provenance de la Belgique. La campagne de vaccination démarrera sous peu. La stratégie vise à « immuniser le plus grand nombre de la population », selon le ministère de la santé, qui précise que ce vaccin « sera donné à toute personne volontaire et éligible dans les régions où seront organisées ces vaccinations ».

Ce vaccin sera utilisé en complément du premier vaccin existant, fabriqué par le laboratoire américain Merck Sharpe and Dohme (MSD), qui, lui, cherche à immuniser les personnes susceptibles d’avoir été en contact avec les habitants contaminés. Depuis le début de la vaccination en août 2018, 246 310 personnes ont été vaccinées.

Source: La Croix

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